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From the blog

René Jackson Nkowa : discrétion et efficacité

Nous devons être dans la première moitié des années 2000. C’est l’époque où The Facebook n’est que la lubie d’un étudiant boutonneux d’Harvard et une application comme WhatsApp encore inimaginable. En ces temps-là, on parle beaucoup de MSN Messenger et de Yahoo ! Messenger pour la discussion instantanée, d’Arès pour le téléchargement illégal, de Caramail pour l’e-mail, du VoIP pour les appels via Internet. Windows 98 règne en maître sur le monde de l’informatique. Pour le réseautage social, hi5 a le vent en poupe, ainsi que Skyblog. Personne n’imagine la 5G et les prouesses qu’elle permettrait. D’ailleurs, on ne s’exprime pas encore en « G », mais beaucoup en WAP, en GPRS, en EDGE et en ADSL. Il faut avoir du bol pour disposer d’un débit de connexion descendant de 50 ko/s. On entend déjà parler de la fibre optique, qui pour le coup reste un véritable serpent de mer, dans tous les sens du terme. Le WiFi n’est qu’une vue de l’esprit. Pas d’iOS, ni d’Android. Mais on connait Symbian OS, le système d’exploitation pour assistants personnels et bien entendu le fameux Blackberry OS.

Mon arrivée dans le blogging

C’est sur ces entrefaites que j’entends parler du weblog pour la première fois. Un obscur terme anglo-saxon qui désigne des journaux intimes rendus publics sur le Web. Une petite incongruité, car les journaux intimes sont par définition… intimes et n’ont pas vocation à être accessibles à quiconque dispose d’un ordinateur connecté et de la bonne URL.

J’observe néanmoins le phénomène du coin de l’œil. D’abord de manière lointaine, puis de plus près quand je décroche mon premier boulot : gérant de cybercafé. Ce job, alimentaire dans un premier temps, qui devait me permettre de payer mes études à la fac, est le tremplin qui va me catapulter dans le reste de ma vie.

Je publie mon premier billet de blog en 2008 ou en 2009, je ne me souviens plus exactement. J’y raconte alors un incendie qui a perturbé nos examens de fin de second semestre. L’article est publié sur MboaBlog, qui reste pour moi et jusqu’à aujourd’hui le plus original et le plus ambitieux projet lié blogging développé au Cameroun. C’est une plateforme ouverte où n’importe qui pouvait déposer son article. Pas besoin d’inscription. Les publications sont indexées par ville et par quartier. L’idée est simple (mais encore fallait-il y penser) : donner la parole aux jeunes, afin qu’ils racontent leur quartier, leur ville, leur quotidien.

Après quelques articles sur MboaBlog, je me souviens d’avoir créé un blog, que je n’ai pas alimenté, jusqu’à ce qu’en 2010, je fasse partie de la première promotion de Mondoblog. Une communauté du blogging qui va par la suite devenir la plus importante du monde francophone. C’est un projet de formation qui va me permettre d’acquérir les rudiments d’une construction éditoriale efficace et l’acquisition de connaissances techniques dans la production et la diffusion de contenus sur le web. Dans un premier temps, mon blog sur cette plateforme s’intitule Le blog de René Jackson. Il est assez brouillon. Je discute alors avec Florian Ngimbis de l’orientation à donner à cet espace. Il me dit : « tu vis à Douala. C’est une source d’histoires intarissable ». Quelques temps après, mon blog devient From Douala With Love, avec ma ville comme référent principal.

Le développement de mon activité de blogueur

Dix ans après, s’il n’est plus vraiment mis à jour (un article publié ces vingt-quatre derniers mois), ce blog demeure néanmoins l’une de mes plus grandes fiertés. Car grâce à lui, je prends l’avion pour la première fois, découvre une dizaine de pays, participe à quelques grands événements internationaux. Tout d’abord la CAN 2012. Ensuite, je pars à Nice à l’invitation de l’Organisation internationale de la Francophonie pour la couverture des jeux de la Francophonie. Expérience qui s’est rééditée en 2017 à Abidjan. Occasions qui par ailleurs me permettent de m’entretenir avec deux administrateurs successifs de cette institution (ici et ). Je citerai aussi la couverture du Sommet des chefs d’État de la Francophonie à Antananarivo, ainsi que la couverture des Coupes du monde 2014 et 2018. C’est aussi grâce à ce blog que j’ai l’opportunité de m’exprimer devant les étudiants en journalisme de l’Institut d’études politiques de Paris (communément appelé Sciences Po) en septembre 2013.

En outre, ce blog m’a permis d’être repéré par divers éditeurs et j’ai ainsi été amené à écrire pour quelques pure-players (NOFI.fr, Camer24, Starter Mag…) C’est aussi sous la casquette de blogueur que je rejoins officiellement les équipes éditoriales de RFI en 2015.

Aujourd’hui, je tiens trois blogs : celui sur Mondoblog, un deuxième sur mon site web personnel et un troisième, beaucoup plus confidentiel, sur Medium.

 

Ma participation au développement du blogging au Cameroun

Sur le plan local, j’ai constitué à partir de 2011 une base de données des blogueurs du Cameroun. En 2013, avec une dizaine d’autres blogueurs, dont quelques-uns issus de cette base de données, nous avons constitué le Collectif des Blogueurs Camerounais, dont j’étais le trésorier. Collectif qui n’a malheureusement pas fait long feu.

En 2015 et en 2016, j’ai fait partie du comité d’organisation du premier et du second Forum des Blogueurs de Douala (qui se sont tenus respectivement à l’hôtel Starland et au siège du Gicam).

En 2017, nous avons créé l’Association des Blogueurs du Cameroun, dont je suis devenu le Président pour les deux années qui ont suivi. Mandat dont l’acte majeur a été l’organisation du Premier Sommet des Blogueurs du Cameroun.

Pendant toutes ces années d’activité, j’ai initié ou participé à des projets de formation et de sensibilisation au blogging (à Douala, Yaoundé, Dschang et Bamenda et en dehors du Cameroun).

Ma définition du blogging

Le blogging est une activité protéiforme. J’estime qu’il est important de ne pas oublier ce qui a fait l’originalité du blog : il ressemble à la personne qui le créée, l’administre. Il n’a pas de forme prédéfinie, il n’est pas standardisé. Il ne faut surtout pas commettre l’erreur de se limiter à quelques têtes d’affiche pour étiqueter les pratiquants cette activité. Selon un décompte tout à fait personnel, il existe 200 blogueuses et blogueurs en activité au Cameroun. Lesquels traitent des sujets d’une très grande diversité : mode, bouffe, arts plastiques, musique, politique, religion, sexualité, littérature, société, occultisme, médias, sport, droit, numérique, vie de couple, voyages, médecine et j’en passe. Il suffit juste de gratter un peu et de se faire sa propre idée.

Et non, beaucoup de blogueurs ne sont pas des chômeurs qui cherchent juste un moyen de tromper leur oisiveté. C’est une autre idée reçue à laquelle il faut tordre le cou.

Un commentaire

  1. Excellent. Même si je suis restée sur la faim. Tu as parlé plus du blogging et du blogueur que de qui est René. Discrétion jusqu’au bout?
    Quelle Formation académique ?
    Quand René Jackson ne blogue pas il fait quoi? Entrepreneur, Employé dans quel secteur d’activité ?
    Quels sont les passions et R.J. Nkowa?

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